
La Phytothérapie
L'art d'utiliser les vertus thérapeutiques des plantes

Les tribus primitives font encore appel de nos jours à leur connaissance étendue des plantes et des vertus curatives qu’elles possèdent. Celle-ci s’est transmise de génération en génération depuis de millénaires. Les premières civilisations possédaient également cette connaissance et établissaient un lien inextricable entre la nourriture et la médecine. De nombreux végétaux étaient consommés surtout en raison de leur intérêt en matière de santé. En Egypte, par exemple, la foule d’esclaves qui bâtissait les pyramides devait absorber journellement une ration d’ail pour se protéger des fièvres et des infections pestilentielles. C’est de cette époque que datent les premiers enregistrements par écrit des propriétés des plantes.
Les Grecs et les Romains de l’Antiquité employaient la phytothérapie, eux aussi. Et, à la faveur des conquêtes, leurs médecins militaires diffusaient les plantes qu’ils connaissaient, assorties de leur mode d’emploi – toute en s’instruisant eux-mêmes à partir des usages locaux. C’est ainsi que les conquérants romains du Vieux Monde firent adopter, loin de leur lieu d’origine, de nombreuses plantes méditerranéennes, comme la lavande et le romarin.
Les civilisations chinoise et indienne, autres civilisations de première importance, n’ont pas non plus négligé les propriétés médicinales de plantes, au contraire. En Chine, les végétaux jouent encore actuellement un rôle prépondérant dans le domaine de la santé, de nombreuses écoles de phytothérapie dispensent leurs enseignement, et la plupart des hôpitaux comprennent une herboristerie. En Inde, l’utilisation de remèdes fabriqués avec des plantes fait partie de la Médecine Ayurvédique, doctrine qui englobe la totalité de l’être.
Dans l’Europe du Moyen Age, les domaines de la science, de la magie et de la sorcellerie tendaient malheureusement à se confondre : des végétaux comme la belladone, la jusquiame noire ou la mandragore étaient tenus pour des plantes d’origine diabolique. Mais les moines, grâce à leurs connaissances du latin et du grec, perpétuèrent les connaissances acquises sous l’Antiquité. Beaucoup de monastères s’enorgueillissaient de leurs jardins de simples destinés aux malades. Mais c’est surtout la Renaissance, avec le développement des grandes expéditions vers les Indes et l’Amérique, ainsi qu’avec l’observation directe, qui va être une période de progrès dans la connaissance des plantes et de leurs vertus.
L’invention, au XVe siècle de la presse d’imprimerie favorisa la compilation et la publication d’herbiers, ce qui déboucha sur la création d’officines d’herboristerie. Au XIXe siècle, la vogue et le pouvoir croissant de la médecine orthodoxe d’inspiration scientifique firent marquer un temps d’arrêt à la phytothérapie. Elle resta malgré tout florissante dans les campagnes, où elle était l’élément principal de la médecine populaire.
Depuis quelques décennies, le nombre croissant de personnes remettant en question les médicaments de synthèse et leurs effets secondaires brutaux, prolongés et parfois alarmants a fait que, progressivement, l’intérêt pour la phytothérapie s’est accru.